Bruxelles : Le policier qui a tiré sur un SDF pourrait s’en tirer

L’Observatoire des Violences Policières de Belgique (ObsPol) est scandalisé par une décision de justice prise le 9 juin et l’a fait savoir par une communiqué sur son site internet.

En effet, nous avons appris que le Parquet de Bruxelles a demandé un-non lieu pour un policier. “Au delà des discours officiels et policiers, quelle est donc la tactique mise en œuvre pour poursuivre effectivement ces « bavures » policières ?” se demande l’ObsPol.

L’incident était survenu le 17 septembre 2018 à Bruxelles. Sur le trottoir, le policier a tiré trois balles sur une personne sans-abri, l’atteignant au thorax et à la jambe. “Ce sans-abri, dénommé Ahmad E., fut emmené en urgence à l’hôpital et trois mois plus tard condamné pour tentative de meurtre à 5 ans d’emprisonnement !” ajoute l’association de lutte contre les violences policières.

Une plainte à l’encontre du policier avec constitution de partie civile avait été introduite et est passée en Chambre du Conseil ce 9 juin, soit près de deux ans plus tard. Le Parquet demande le non-lieu pour le policier.

Pour l’ObsPol, il existe une impunité pour les policiers qui commettent des actions illégales, du délit au crime : “Surprenant s’il en est car, le seul fait d’être policier permettrait donc de demander son non-lieu, sans justification, sans avoir investigué plus avant, sans expertise balistique qui pourrait le cas échéant démontrer ou invalider la thèse de légitime défense. Sans preuves, le constat médico-légal se contentant d’indiquer qu’A.E. a effectivement été blessé par deux balles. C’est tout, quelle distance, quelle profondeur, ceci irait-il étayer la thèse non encore prouvée d’une légitime défense ? Rien, c’est comme ça, pas besoin de preuves comme c’eut été nécessaire pour n’importe quel citoyen : Vous êtes policier ? Pas besoin !”

L’ObsPol s’étonne, qu’après une manifestation d’importance telle que celle du 7 juin contre les violences policières notamment, n’ait pas eu d’écho à la Chambre du Conseil.

“Le nombre de violences policières ne fait qu’augmenter et mais leur traitement judiciaire impliquant l’impunité pour les auteurs ajoute à l’injustice pour les victimes. C’est très grave.” ajoute l’Observatoire.

Des policiers déjà acquittés pour des faits similaires

En 2015, la cour d’appel de Bruxelles a acquitté quatre policiers fédéraux de la police des chemins de fer qui étaient poursuivis pour violence et traitements inhumains et dégradants envers des sans-abri à la gare du midi à Bruxelles, en 2006. En première instance, une dizaine de policiers des chemins de fer, dont les quatre prévenus, avaient été condamnés pour ces faits. Ils ont finalement eu gain de cause, au grand dam des sans-abri victimes.

*La photo de couverture sert d’illustration et n’est pas liée à l’affaire dont traite cet article