Violences policières à Waterloo : le médecin témoin a expliqué ce qu’il a vu

Ce 18 décembre à Waterloo (au sud de Bruxelles, en Belgique), des policiers sont entrés dans un domicile et ont violenté la mère de famille (jusqu’à la faire baigner dans son sang) mais aussi des enfants parce qu’ils filmaient (notamment à la fille). Ils suspectaient un rassemblement, selon eux, illégal du fait de la lutte contre le covid. Voici la vidéo ci-dessous.

Le médecin, Jean Veys, qui a fait son examen a été choqué par les faits. Il a publié un texte sur Facebook qu’il a ensuite supprimé mais que ODP news avons pu garder, grâce à une source. Le docteur Veys a écrit : “TRES GRAVE BAVURE POLICIERE A WATERLOO CE VENDREDI 18/12/2020. (…) J’ai été appelé cet après-midi vers 15h, pour une visite à domicile urgente à Waterloo.”

Et voici ce qu’il dit avoir vu sur l’état dans lequel était les parents et enfants : “Arrivé au domicile d’une famille Waterlotoise dans une belle maison à la lisière de Lasne je découvre toute une famille sous le choc. La maman, le papa et leurs deux filles adolescentes venaient d’être relâchés du cachot de la police de Waterloo, tous avec des lésions graves suite à une agression de la police de Waterloo la veille au soir vers 23h. Toute la famille ont reçu la visite d’un escadron de police armés alors qu’ aucune raison valable d’après les témoignages n’était invoquée. Probablement une plainte de voisins pour tapage nocturne, les filles jouaient au Kicker au garage.”

“Une police entrée sans mandat” explique le médecin

Le docteur Jean Veys poursuit son récit : “La police est entrée sans mandat dans la cuisine de leur domicile , la maman a protesté, elle s’est faite jetée par terre par deux policiers qui l’ont tabassée et menotté violemment ( j’ai vu la video montrant la maman qui giclait de sang sur le sol de la cuisine avec 2 policiers agenouillés sur son dos). Le père avait un révolver pointé sur sa tempe et a été roué de coups.

“La policière a tenté de supprimer la vidéo”… sans succès

Le médecin explique : “Les 3 enfants ont assisté à la scène et ont tout filmé avec leur téléphone portable. La maman a aussi filmé l’intrusion policière et une femme policière lui a arraché son GSM et effacé la vidéo (“pas de chance, cette video est encore visible).”

Puis il revient sur l’état des victimes de violences policières : “La maman a été emmenée à l’hôpital de Braine l’Alleud et une radiographie a révélé une fracture de la base des os propres du nez et de multiples contusions, a été suturée de la blessure de la base du nez puis l’ont renvoyée au cachot, menottée au commissariat de Waterloo, ou toute la famille a été relâchée le lendemain vers 14h. J’ai examiné la maman et elle a probablement des lésions cérébrales plus profondes ( douleurs temporales et perte d’odorat ) et j’ai demandé un scanner du cerveau qui sera fait demain dans un autre hôpital, celui de Braine l’Alleud étant clairement en collusion avec la police de Waterloo, sinon un scanner aurait été fait . Le message du Gouvernement de vendredi 18/12 est clair : pas de changement du comportement de la population face à l’augmentation des cas de Covid19 mais un renforcement des sanctions et des interventions policières.”

Très critique envers la police

Pour le docteur Jean Veys, d’après ses mots : “Ce cas révèle que dès qu’on donne le feu vert officiel à la police, ceux-ci révèlent leur instinct primaire de violence instinctive, sans aucune retenue ou respect. L’affaire est entre les mains de la justice et j’espère que la maman n’a pas des graves lésions cérébrales. La police a laissé toute seule la petite de 13 ans dans la maison sans aucunes nouvelles de sa famille et elle est traumatisée psychologiquement à vie. Je n’interviens plus dans cette affaire qui est entre les mains de la justice et j’espère que pareille chose n’arrivera plus.”