La nationalité belge refusée pour le professeur d’université Andrea Rea, du racisme pour certains

Le professeur de l’ULB, bien qu’italien de deuxième génération et ayant vécu presque toute sa vie en Belgique, a reçu un refus à sa demande d’acquisition de la nationalité belge. Il intente un recours. Cette affaire a fait le tour des réseaux sociaux et très souvent suscité l’indignation, au-delà du cas personnel d’Andrea Rea mais pour toutes les personnes demandeuses de papiers et de nationalité belge.

Voici les règles demandées pour obtenir la nationalité belge :

  • être inscrit(e) dans les registres de la population
  • résider légalement en Belgique depuis au moins 5 ans
  • prouver votre connaissance d’une des langues nationales
  • démontrer votre intégration sociale ainsi que votre participation à la vie économique

Or, il s’avère que le professeur Andrea Rea entre dans ces conditions.

Passer une vie à analyser les politiques d’immigration et leurs préjugés sous-jacents, gravir les échelons sociaux au point d’atteindre un des postes académiques les plus prestigieux du pays et se manger dans la figure une missive administrative qui tranche que non, vous n’êtes pas intégré. Andrea Rea se serait bien passé de l’ironie de ses déboires administratifs sur son propre cas.

Réactions sur les réseaux sociaux

Des fortes critiques ont été faites concernant cette décision, pour eux abracadabrantesque, voire xénophobe, de cette décision de l’Etat belge de ne pas avoir octroyé la nationalité belge à Andréa Réa. Karim Majaros, directeur chez Fédération Laïque de Centres de Planning Familial (FLCPF), a déclaré sur Facebook : “Pour prouver qu’on est attaché à la Belgique et obtenir la citoyenneté belge, il semble qu’il faille subir un bizutage administratif. Même 60 ans plus tard. Au menu, le fameux formulaire B12, les chamailleries entre administrations publiques de différents niveaux de pouvoir. Pathétique ! Soutien à Andrea Rea. NB. Et je vous laisse au besoin imaginer pour un non-universitaire racisé.”

On a également pu lire de la part de David Pestiau (PTB-PVDA) : “Incroyable! Prof d’unif, Andrea Rea a participé à l’évaluation de la loi sur la nationalité et comble, après 60 ans en Belgique, il se voit refuser sa demande de naturalisation pour “manque de preuve d’intégration”. Il est un exemple emblématique de ces milliers de gens anonymes habitant ici depuis des lustres et qui se voient refuser la nationalité pour des motifs arbitraires invoqués par le parquet comme une amende STIB non payé ou une infraction de roulage y a près de 30 ans, étudiant à l’ULB, je participais à la récolte de pétition d’Objectif qui visait à combattre l’extrême-droite, en réclamant l’égalité des droits pour tous en octroyant automatiquement la nationalité à toute personne séjournant légalement depuis 5 ans sur le territoire. Nous avions récolté sur deux ans plus d’un million de signatures (dans la rue, pas sur Internet hein;-) Et un des profs qui m’avaient ouvert la porte avec bienveillance pour discuter de cette initiative s’appelait … Andrea Rea. On continue Andrea…#SmashRacisme#EgalitéDesDroits“.

Certains ont également précisé qu’il ne fallait pas s’indigner plus de son cas que d’un autre demandeur de papiers ou d’asile. En substance, on a pu lire que le fait qu’Andréa Réa soit connu et respecté en tant que professeur d’université, ne doit pas susciter davantage d’indignation, au vu de sa situation, que n’importe quelle autre demandeur de nationalité belge. Des internautes l’ont bien fait remarquer. On a pu ainsi lire : “”

L’anthropologue Jérémy Piolat a pour sa part écrit : “La stupidité devient la substance centrale de la lâcheté et de tout État cédant à l’injustice sociale et raciale comme outil de promotion électorale”.