Affaire Mawda : la justice requiert 10 ans de prison pour le chauffeur et 1 an pour le policier tueur

Cela parait surprenant, interloquant pour nombre d’observateurs qui ont suivi l’affaire, et bien entendu pour l’avocat du chauffeur présumé qui a rappelé à la presse que “ce n’était pas lui qui avait tiré en direction de la camionnette et tué par cet acte Mawda, la petite fille de réfugiée âgée de deux ans à peine”.

Pour le procureur, il semble ne pas aller ainsi. En effet, le procureur requiert 10 ans pour le chauffeur présumé de la camionnette (car il serait récidiviste) qui avait à son bord des réfugiés dont Mawda et sa famille, parmi d’autres gens, et également 7 ans pour le convoyeur (ou passeur) présumé.

Deux poids deux mesures ?

Il s’agit là donc d’une demande de condamnation assez sévère. Par contre, pour le policier Victor-Manuel Jacinto Goncalves, qui a tout de même ôté la vie à une fillette alors que la situation ne légitimait pas la légitime défense, il n’en va pas du tout ainsi. Il est demandé par l’avocate générale contre lui un an d’emprisonnement… avec sursis !

Cela pourrait sembler absurde et être un deux poids deux mesures lorsqu’on regarde les responsabilités de chacun dans le décès de Mawda. Le comité Mawda a bien rappelé que la seule personne responsable des faits tragiques du 18 mai 2018 est le policier Victor-Manuel Jacinto Goncalves. Uniquement lui.

Sur internet, on n’hésite pas dans les milieux antiracistes de qualifier ces deux requêtes de “justice raciale”. En effet, des questions méritent d’être posées, car cela signifierait que “l’entrave méchante à la circulation” est 10 fois pire qu’un homicide.

Michel Bouffioux, journaliste à Paris Match qui a suivi l’affaire depuis le début rappelle que la justice a refusé de poursuivre les mensonges avérés de la police pour protéger le policier tireur. “Cela fait honte à notre Etat de droit”, déclare-t-il.