Affaire Mawda : le procès du policier qui a tiré dans la tête de la fillette commence ce matin (VIDEO)

La justice devrait trancher aujourd’hui sur ce qui s’est passé le 18 mai 2018. En effet, ce jour-là, un policier a tiré en direction d’une camionnette de réfugiés. Et de ce fait, il a tué une jeune fille de deux ans d’une balle en pleine tête : Mawda. Cet événement tragique a suscité l’indignation sans cesse depuis et des comités de soutien sont nés immédiatement. Ils ont été très actifs jusqu’à aujourd’hui, jour du procès.

Le policier va passer en jugement pour homicide involontaire.

Une justice qui protège et pratique l’impunité de la police ?

La question peut se poser en ce qui concerne l’affaire Mawda. Il a fallu en effet plusieurs mois pour que la justice inculpe le policier ayant tiré la balle fatale, comme l’indiquait le journal Le Soir en août 2018 (alors que les faits ont eu lieu en mai de la même année).

Le parquet de Mons a d’abord prétendu que la petite n’était pas morte par balle. Puis face à l’ampleur d’un tel mensonge, il a prétendu que c’était une erreur inexpliquée du médecin légiste. Une seconde version a tenté de rendre les parents responsables en prétendant qu’ils s’étaient servis de leur petite fille comme bouclier humain. Une troisième version a prétendu que le policier ne savait pas qu’il y avait des enfants dans la camionnette. Une quatrième et dernière version a été d’invoquer la légitime défense du policier. Aujourd’hui le policier qui admet avoir tiré n’a toujours pas été inculpé. En pleine trêve estivale, le parquet annonce à la presse que le chauffeur de la camionnette a été arrêté en Angleterre. Cet Irakien de 25 ans devient subitement le principal suspect dans l’affaire. Le procureur général de Mons va jusqu’à faire de ce dernier le co-auteur du meurtre de Mawda. Que le conducteur de la camionnette ait été une petite main dans un réseau de passeurs, c’est indéniable, mais prétendre qu’il serait co-auteur de l’homicide, c’est une nouvelle tentative pour occulter la responsabilité politique dans cette affaire.

Des actions prévues partout en Belgique

Le cabinet d’avocats Progress Lawyers, dont fait partie Selma Ben Khelifa, l’avocate de la famille de Mawda, a fait savoir ce matin du 23 novembre, juste avant le procès, que des actions auront lieu partout sur le territoire belge, en soutien aux victimes (Mawda elle-même et ses proches).

Sur Twitter, on a pu lire à ce sujet : “#Justice4Mawda : des actions sont organisées partout dans le pays aujourd’hui. Nos avocats, au nom des parents de Mawda, relaieront cet appel à la justice dans la salle d’audience.”

Des personnalités célèbres ont tenus à soutenir la famille de Mawda sous le hashtag #Justice4Mawda. Sur Twitter et d’autres réseaux sociaux, ils et elles ont été nombreux-euses à rappeler leur soutien. Des personnalités célèbres s’y sont prêtées, comme le chanteur Peter Gabriel, le réalisateur Ken Loach, la chanteuse Yasmine El Massri, mais aussi la princesse Esmeralda de Belgique, etc.