Covid : le vaccin du géant pharmaceutique devra-t-il être obligatoire pour la population ?

USA, Europe, Russie,… la course au vaccin s’accélère toujours plus au fur et à mesure des semaines qui passent. Le géant pharmaceutique américain Pfizer a pris de l’avance, avec une efficacité annoncée tout récemment de 90% (selon lui). Mais d’après plusieurs spécialistes, la vaccination contre le coronavirus ne sera sans doute pas obligatoire, en Belgique, du moins (en tout cas du point de vue scientifique, ils trouvent que cela ne se justifie pas, mais il faudra voir ce qu’en décideront les responsables politiques, bien sûr).

Des questions pratiques se posent en ce qui concernent l’obligation des vaccins. D’abord, il y a la question de la disponibilité : y aura-t-il suffisamment de vaccins disponibles pour pouvoir l’imposer ou le proposer à tout le monde ? Et puis de nombreux politiques et scientifiques ne le souhaitent pas.

Pour l’immunologue, professeur à l’ULB et membre de l’Académie royale de Médecine, Michel Goldman : “Personnellement je suis vraiment contre l’idée de rendre ce vaccin obligatoire. En tous cas pas à ce stade-ci“.

Dans cette vidéo de France24, voici plus d’information sur l’évolution actuelle du vaccin contre le covid-19.

Reportage de France24 – DR (Copyright)

La communication plus importante que le vaccin

Le docteur Michel Goldman ajoute: “Je pense qu’il est essentiel de gagner la confiance – ou de regagner la confiance- de la population, et je pense qu’il est possible, avec une communication adéquate, de convaincre tous ceux qui devraient recevoir ce vaccin, effectivement, de se faire vacciner. Et je pense que cette façon de faire sera beaucoup plus productive que de l’imposer“.

A l’heure qu’il est, nous explique Michel Goldman, il existe des calculs qui se basent sur la contagiosité du virus. Et selon les chiffres dont on dispose pour l’instant (qui seront bien évidemment affinés par la suite en fonction de nouvelles découvertes), “entre 50 et 70% de la population devrait être immunisée, protégée par le vaccin.

Le professeur Goldman explique en outre : “Avec un vaccin qui aurait une efficacité de l’ordre de celle qui vient d’être annoncée, on peut espérer arriver à atteindre cette immunité collective. Je pense que le premier objectif va être d’empêcher les formes les plus sévères de la maladie, ce qui nécessitera de centrer les premières campagnes (de vaccination) sur les individus les plus vulnérables. Ensuite l’objectif, c’est que la maladie ne soit plus apparente dans la population. Ce qui ne veut pas dire que le virus aura disparu, mais que la maladie aura disparu. Et cela, on peut espérer qu’avec 50 ou 70% de la population immunisée, on atteigne cet objectif.

Il y a un autre avis. Le professeur Eric Muraille, immunologiste, déclare, lui : “L’objectif ici, je pense que c’est d’arriver avec la vaccination à réduire le risque de saturation des hôpitaux et surtout pouvoir sortir du confinement. Cela je pense que c’est un objectif qui est raisonnable, à partir du moment où l’on disposerait d’un vaccin qui soit efficace et parfaitement sécurisé“. Affaire à suivre !