Une femme n’a pas pu postuler, dit-elle, à une offre d’emploi d’enseignante… à cause de son voile

Il y a quelques jours, l’échevine de la ville de Bruxelles, Faouzia Hariche, postait un appel à candidatures pour un poste d’enseignante sur son mur Facebook. Il s’agissait d’un poste d’enseignant. De nombreuses personnes ont donc postulé… dont Haf Ha (nom abrégé). Elle aurait bien postulé, comme l’explique, pour le poste de professeur philosophique dans le degré supérieur des secondaires. Mais il y a eu comme un hic : le foulard qu’elle porte. Par ailleurs, Haf Ha déclare se poser des questions sur ce modus operandi de recrutement d’enseignants parmi les chômeurs, en leur proposant une formation en horaire décalé, alors que d’autres ont fait des études proprement pour cela pendant 3 ou 5 ans et sont plus à même, dit-elle, d’obtenir ces postes, bien que la démarche de création d’emploi soit une chose respectable de la part d’Actiris et de la Ville de Bruxelles.

L’enseignante en question, Haf Ha, a écrit, ce 27 septembre dernier, sur le réseau social Facebook : “L’agrégée que je suis n’a jamais pu postuler à la Ville de Bruxelles en tant qu’enseignante de cours philosophique dans le DS (secondaire supérieur) (ni dans le DI ou dans le primaire par ailleurs)“.

Le problème semble être le foulard qu’elle porte. Voici l’offre d’emploi, ci-dessous, à laquelle l’enseignante Haf Ha, aurait pu postuler. C’est l’échevine Faouzia Hariche elle-même qui a publié cette offre sur Facebook.

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L’enseignante écrit : « Là où des voix s’élèvent dans certains partis pour porter le débat des signes convictionnels et de la fonction publique au Parlement régional dans le but d’apporter une réponse unique à l’ensemble des communes ; sur les cours philosophiques, il n’y a vraisemblablement pas cette même volonté d’harmonisation qui voudrait que la Ville de Bruxelles s’aligne sur les usages des autres communes – et sur la loi – en ce qui concerne le foulard spécifique des enseignantes de cours philosophiques qui est permis en dehors de ce PO [PO pour Pouvoir Organisateur, organe qui engage les enseignants – ndlr] ».

En fait, je n’ai même pas postulé à cette offre d’emploi pour éviter de me faire violence. J’ai les qualités requises pour l’emploi en question, mais je sais que je n’aurais pas pu y accéder pour cause de port du foulard. C’est plié d’avance. On subit assez de violences au quotidien…“, dit-elle.

Soutien de l’enseignante discriminée

Sur Facebook, certains et certaines internautes ont écrit leur indignation à travers le cas de Haf Ha sur l’interdiction du port des signes convictionnels (en premier lieu le voile). On a pu lire : “Un récit qui révèle le gâchis et les compétences perdues qui découlent de ces lois discriminatoires à toutes les bachelières qui ont leur CAP, à toutes les détentrices de Master qui sont agrégées, à toutes celles qui ont un Bac+l’infini, a qui ont refuse le beau métier de l’enseignement.Un jour, on célébrera la victoire de ces femmes. Dans les cours d’histoire, on enseignera et écrira cette lutte avec notre calame“.

“Outre, le problème du foulard, il y a un problème sur cette méthode de recrutement”

Haf Ha, outre le fait de ne pas avoir postulé à cette appel à offre d’emploi, déclare : “Indépendamment de ce partenariat entre ville de Bruxelles et Actiris, quelle image de l’enseignement renvoie-t-on ? Et question sous-jacente : les étudiants qui étudient pour être formés… le font-ils pour rien ?” Pour l’enseignante, il faut éviter d’engager des personnes peu ou pas qualifiées pour des emplois d’enseignants. Les enseignants sont les personnes qui formeront les futurs citoyens de la société. C’est un rôle à prendre très au sérieux, dit-elle, et il ne faut pas le négliger, quand bien même il y aurait une pénurie dans telle ou telle fonction.

*La photo de couverture ne montre pas la personne concernée, sert uniquement à des fins d’illustration