Bruxelles : le commissaire Vandersmissen suspendu de ses fonctions après la manif de la Santé en Lutte (VIDEO)

La manifestation du personnel soignant avait lieu ce 13 septembre à Bruxelles, Belgique. Une forte présence policière était déployée, et commandée à sa tête par le célèbre commissaire Pierre Vandersmissen, connu pour son comportement particulier et parfois abusif. Ce jour-là, il a fait usage de violences, avec les policiers qu’il commandait envers un manifestant. Mais ce n’est pas ça le problème pour Philippe Close, bourgmestre et supérieur de Vandersmissen. La question qui pose problème, c’est cet homme qui a aspergé ce manifestant interpellé… alors qu’il n’est même pas policier.

Un homme se présentant comme photoreporter et suivant l’opération policière lors de la manifestation a utilisé du spray à l’encontre d’un manifestant. Suite à une enquête du journal belge Le Soir, la zone de police Polbru ouvre une enquête à l’encontre de Pierre Vandersmissen, commissaire et directeur d’interventions. Il n’exercera plus ces fonctions dès lors, le temps de l’enquête. Il faudra comprendre comment a-t-il été possible qu’un non policier possède une bombonne de spray et qu’il ne se fasse pas interpeller, ce qui est illégal.

Altercations entre policiers et manifestants lors de la mobilisation du personnel soignant à Bruxelles

Plus de 4.000 personnes défilaient dans les rues de la capitale pour un refinancement des soins de santé. Suite à des altercations avec les forces de l'ordre, 35 personnes ont été interpellées.

Publiée par LN24 sur Dimanche 13 septembre 2020

Les faits se déroulent lors de la manifestation du 13 septembre dernier, à propos de laquelle nous avons réalisé une enquête publiée mercredi, dans le but de retracer le parcours du dispositif déployé ce jour-là. Au niveau de la rue de la Régence, en fin de manifestation, la police a en effet procédé à plusieurs interpellations que des témoignages nous décriront comme « arbitraires » et « violentes ».

Sur une vidéo compilant des images tournées par LN24, on peut voir, à partir de la dixième seconde, un homme se faire intercepter puis plaquer au sol par un policier en civil et le commissaire Pierre Vandersmissen, chef du maintien de l’ordre de la zone Bruxelles-Ixelles, sur le terrain ce jour-là.

Quelques instants plus tard, un homme équipé d’un appareil photo professionnel arrive en courant. Il pointe un spray en direction du manifestant et l’asperge d’un coup de gaz. Le commissaire Pierre Vandersmissen lui fait alors un geste de la main pour lui signaler d’arrêter. L’homme s’exécute, et semble cacher le spray derrière son dos.

Qui est l’homme qui use du spray ? Pas un policier !

D’après nos informations, cet homme s’appelle Philippe B. Sur le site de son agence, bePress Photo Agency, il a déjà publié les photos qu’il a prises lors de la manifestation. Plusieurs d’entre-elles attestent de sa présence rapprochée de la scène lors des faits. Cela fait des années que Philippe B. réalise des reportages photographiques au plus près des policiers de la zone, notamment dans le cadre de missions relevant du maintien de l’ordre. L’an dernier, il publie même un ouvrage de photographies intitulé PolBru. Dans ce contexte, il a déjà fréquenté de près le commissaire Vandersmissen. Il a d’ailleurs passé toute une partie de la manifestation du 13 septembre à ses côtés. Dans une des séquences vidéos filmées plus tôt durant la manifestation, à proximité du Carrefour de l’Europe, on le voit déjà prendre des clichés des manifestants, derrière une ligne de policiers conduite par le commissaire.

Comment dès lors expliquer qu’un homme n’étant visiblement pas policier puisse, à ce moment-là, disposer d’une arme en principe prohibée par la « loi sur les armes » du 8 juin 2006, et de surcroît s’en servir sans que cela ne semble préoccuper outre mesure l’officier de police à ses côtés ? Contacté pour des explications à ce sujet, Monsieur B. coupe court et nous prie de poser nos questions à PolBru.

Enquête administrative envers Vandersmissen

Le cabinet du bourgmestre Philippe Close (PS), responsable de police, déclare que les faits n’étaient “pas connus de la hiérarchie policière” et qu’ils sont dès lors pris très au sérieux : « D’après les éléments en notre possession, il apparaît qu’un non policier a utilisé un gaz lacrymogène à la fin de la manifestation du dimanche 13/09 ce qui est inacceptable et complètement illégal. Après avoir vu les images, une enquête administrative a été demandée directement au chef de corps par le bourgmestre de Bruxelles. Dans l’attente de cette enquête, le chef de corps a pris une mesure d’ordre : le directeur des interventions sera écarté de sa fonction le temps de l’enquête. Si ce comportement venait à être confirmé par l’enquête, il entraînerait immédiatement une enquête disciplinaire. »

Réaction du collectif La Santé en lutte

La Santé en lutte, collectif du personnel soignant demandant la reconnaissance du travail des infirmiers, médecins, etc. a réagi à cette “affaire Vandersmissen”. Le collectif écrit sur Facebook : “La santé en lutte 1 – Répression policière 0“. Et il revient sur ces faits : “La Grande manifestation de la santé, dimanche 13 septembre, s’est terminée par des violences policières. Aux commandes le commissaire Vandersmissen et son responsable politique Philippe Close. Suite à l’enquête du journal le Soir et les témoignages que nous avons récoltés, il apparaît clairement que l’intervention policière est abusive et violente. De plus, un non policier fait usage de spray contre un manifestant en présence du commissaire (Voir vidéo LN24). Une enquête est ouverte. Le commissaire Vandersmissen est suspendu“.

Le collectif ajoute : “D’après les éléments en notre possession il apparaît qu’un non policier a utilisé un gaz lacrymogène à la fin de la manifestation du dimanche 13/09 ce qui est inacceptable et complètement illégal. Après avoir vu les images une enquête administrative a été demandée directement au chef de corps par le bourgmestre de Bruxelles. Dans l’attente de cette enquête, le chef de corps a pris une mesure d’ordre : le directeur des interventions sera écarté de sa fonction le temps de l’enquête. Si ce comportement venait à être confirmé par l’enquête, il entraînerait immédiatement une enquête disciplinaire. » cabinet du bourgmestre Philippe Close“.