Semira Adamu, réfugiée tuée par des policiers belges, c’était il y a 22 ans jour pour jour (VIDEO)

Les faits se sont déroulés le 22 septembre 1998. Semira Adamu a perdu la vie, suite à un étouffement par des policiers, lors de la sixième tentative d’expulsion de la Belgique vers le Togo, d’où elle était originaire. Cet acte avait choqué immédiatement après qu’il ait eu lieu, et aujourd’hui, 22 ans plus tard, il est toujours dénoncé comme exemple. Semira Adamu est un symbole de la répression policière, d’un certain racisme d’Etat envers les réfugiés.

Aujourd’hui, 22 septembre, c’est le triste anniversaire de la mort de Semira Adamu. Beaucoup de militants et de citoyens ont mis la photo de cette victime d’une violence policière, d’un étouffement jusqu’à ce que mort sans suive, sur les réseaux sociaux. Ce fait avait marqué les esprits pour ceux et celles qui l’ont connu. Et il le marque encore aujourd’hui.

Ce fait n’est pas un fait isolé. Depuis, nombre de personnes ont perdu la vie suite à une arrestation ou à une tentative d’arrestation. Toujours dans la violence. On peut citer deux exemples récents : Mawda, tuée d’une balle dans la tête en 2018 et la même année, Jozef Chovanec, tué par étouffement, comme Semira Adamu, alors qu’une policière faisait un salut nazi juste à côté de ses collègues.

Voici un bon reportage publié sur la page Youtube de l’asbl Gsara qui revient sur ces événements tragiques.

Reportage de Gsara – D.

Et voici une affaire similaire qui a eu lieu en 2028, soit 20 ans après ceux de Semira Adamu : l’arrestation et l’étouffement de Jozef Chovanec à l’aéroport de Charleroi, également en Belgique.

Rappel des faits ayant causé la mort de Semira Adamu

Semira Adamu était née le 15 avril 1978 à Kaduna, Nigéria et est décédée à Bruxelles, en Belgique, le 22 septembre 1998. C’était une demandeuse d’asile nigériane qui fut étouffée, à l’aide d’un coussin, par deux policiers belges lors d’une tentative d’expulsion du territoire belge à l’aéroport de Zaventem. Semira Adamu, avait fui son pays pour échapper à un mariage forcé. Sa demande d’asile ayant été rejetée, elle avait été transférée au Centre de rapatriement 127bis à Steenokkerzeel (qui existe encore). Elle fut dès lors l’objet de six tentatives d’expulsions forcées par plusieurs avions de ligne. Ces dernières ayant échoué, du fait de sa résistance et des violences des gendarmes l’accompagnant et ayant entraîné l’intervention de passagers et le refus de pilotes de décoller dans ces conditions.

Baisse des contrôles des rapatriements forcés en Belgique

Les contrôles de rapatriements forcés sont de moins en moins nombreux en Belgique, selon le rapport d’activités de l’Inspection générale de la police fédérale et locale, chargée de ces contrôles, disait la Libre en 2018, à l’occasion des 20 ans du meurtre de Semira Adamu.

En effet, cet organe connu sous l’appellation AIG est chargé d’assurer le contrôle des rapatriements forcés vers des pays tiers depuis la mort de la demandeuse d’asile nigériane Semira Adamu en 1998. Mais fin 2017, le Ciré (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers) avait relevé un manque de transparence de l’AIG car ce dernier n’avait pas publié de rapport d’activités depuis 2012.

L’AIG vient de rectifier le tir en publiant un rapport 2013-2017. Il relève que 132 contrôles sur des vols de ligne ont été effectués (jusqu’à l’embarquement) en 2013, contre 85 en 2015, 55 en 2016 et 57 en 2017. En 2017, les contrôleurs ont accompagné l’escorte et l’étranger rapatrié jusqu’à sa destination finale à quatre reprises seulement. En 2013, 13 personnes avaient été expulsées en présence de contrôleurs jusqu’au pays tiers. Pour Myria, le centre fédéral Migration, l’indépendance de l’AIG est remise en question car il est logé au sein de la police qui doit effectuer les retours forcés. D’autres pays ont décidé de confier le contrôle des rapatriements forcés à la société civile et à des ONG comme la Croix-Rouge.