Blackface : le journal Le Vif a “noirci” des personnalités publiques, ça a créé de vives réactions

Cette une du Vif n’est pas passée, et pour cause. Le journal belge a colorié en noir les visages de plusieurs personnalités belges, telles que Charles Michel (président du Conseil européen), Kim Clijters (ex-joueuse de tennis) ou encore Sven Mary (avocat). Le journal a dit avoir voulu faire de l’anti-blackface, quand on lui a demandé des explications sur cette Une. Cette réponse n’a pas vraiment convaincu nombre de personnes sur internet, qui ont dénoncé le racisme de ce montage photo.

« Ce que nous avons voulu faire, c’est de l’anti-blackface ». En Une du Vif cette semaine, sous le titre « Et s’ils avaient été noirs ? », les lecteurs du magazine belge ont découvert les portraits de plusieurs personnalités belges, la tenniswoman Kim Clijsters ou encore le président du Conseil européen Charles Michel, toutes et tous le visage noirci.

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La Une du Vif qui a choqué – D.

Réactions vives sur la toile et dénonciation du racisme sous-jacent

Un recours au « blackface » qui n’a pas tardé à provoquer une vive polémique sur les réseaux sociaux, allant de l’incompréhension à la colère. « Vendre au détriment du fond par l’apologie du Blackface raciste est déplorable », a notamment estimé un député bruxellois. De son côté, le virologue Emmanuel André n’a pas caché sa stupéfaction de se découvrir en Une du magazine : « J’aurais préféré ne pas avoir ma photo grisée sur un magazine pour illustrer cela ».

Face à ces réactions, la rédactrice en chef du Vif a publié jeudi un article pour expliquer ce choix d’illustration. « La couverture (…) suscite visiblement un réel émoi qui se manifeste le plus sur les réseaux sociaux. Il nous a donc semblé important de revenir sur la démarche journalistique qui a été la nôtre et de la replacer dans son contexte », écrit Anne-Sophie Bailly.

« pas de moquerie de notre part »

Comme nous l’explique le magazine 30 Minutes qui a traité le sujt : “Anne Sophie Bailly explique ensuite avoir commencé à travailler sur ce sujet après l’affaire George Floyd aux Etats-Unis au printemps dernier. « Nous nous sommes posé cette question : certes, la violence de policiers blancs à l’égard des personnes de couleur n’est pas comparable en Belgique et aux Etats-Unis, mais sur le fond, la Belgique est-elle aussi égalitaire qu’elle le dit ? ». Plus loin, elle apporte cette justification : « Le titre de la couverture renvoie directement au fait que les Afro-descendants, à compétences égales, ont moins de chances que les Blancs de s’en sortir dans la vie, notamment à l’école ou sur le marché de l’emploi (…) C’est exactement à cette discrimination que renvoient le titre de la Une ainsi que son illustration. »

Accusée d’avoir eu recours au « blackface », Anne-Sophie Bailly estime au contraire avoir fait l’inverse. « Les réactions se sont enflammées sur les réseaux sociaux où cette couverture a été abondamment relayée sans texte ni contexte, alimentant l’idée sous-jacente que cette illustration était un nouvel exemple de blackface (…) Or, ce que nous avons voulu faire, c’est de l’anti-blackface. Il n’y a pas l’once d’une moquerie de notre part dans cette illustration », assure-t-elle.

Pour terminer, la rédactrice en chef présente tout de même ses excuses à celles et ceux qui ont été heurtés par l’illustration du numéro. « L’image a pu être ressentie comme blessante par certains, alors que jamais notre intention n’a été de blesser, bien au contraire. Si c’est le cas, nous nous en excusons », écrit-elle.