Jozef Chovanec mort à Charleroi : des députées sont “refusées” à la commission d’enquête (VIDEO)

Jozef Chovanec est cet homme arrêté puis mort des suites d’une intervention de la police à l’aéroport de Charleroi (Belgique) parce que, selon la police toujours, “il refusait de montrer sa carte d’embarquement”. C’était en 2018. Cette affaire a fait scandale à l’époque et a connu un nouveau rebond avec la diffusion des images de surveillance de l’aéroport, notamment du fait de la méthode utilisée pendant l’arrestation (une méthode qualifiée aujourd’hui “de type George Floyd”, du nom de cet américain tué en mai dernier avec des méthodes similaires). Durant l’arrestation de Chovanec qui finira par le tuer, une policière avait fait un salut nazi et mimé la moustache d’Adolf Hitler. Une indignation sur les réseaux sociaux est née immédiatement.

Voici une vidéo des faits.

Des députées n’ont pas accès à la commission d’enquête

Très vite la sphère politique s’est emparée du sujet. Et une commission d’enquête a été ouverte pour faire la clarté sur cette affaire. Toutefois, tout le monde parmi les députés ne semble pas y avoir été convié. Cela en a énervé plus d’un-e. On peut citer notamment Vanessa Matz (députée fédérale CdH) et Sophie Rohonyi (député fédérale DéFI).

Vanessa Matz a déclaré sur Twitter : “Se faire jeter, c’est à peu près ça.Pas autorisée à participer à la com suivi P et R où le comité P venait exposer son rapport dans l’affaire #Chovanec, malgré une demande formulée dans les règles. C’est quoi le problème ? Les bonnes questions posées ? #difficiledefairesonboulot“. Elle a été soutenue par Sophie Rohonyi de DéFI qui a écrit, également sur Twitter en partageant le post de sa collègue députée : “Solidaire avec ma collègue @vanessmatz! Ma demande d’assister au huis clos de la commission de suivi du comité P sur l’affaire #Chovanec a également été rejetée, et ce alors que TOUS les députés doivent travailler au bon fonctionnement de la police des polices! @defi_eu“.

“Jan Jambon, pas au courant de l’affaire Chovanec quand il est ministre de l’Intérieur”

Vanessa Matz a déclaré être surprise que Jan Jambon, étant ministre de l’Intérieur au moment des faits (en 2018), n’ait pas eu écho de la mort de Jozef Chovanec à l’aéroport de Charleroi, bien qu’il soit le chef de la police au niveau national. Elle a écrit sur Twitter : “Entre « oubli » et méconnaissance, @JanJambon ferait bien de réviser ses classiques. Il pouvait initier ou demander une procédure disciplinaire et prendre une mesure d’ordre de suspension ( art 20, 26, 59 loi 99 sur statut disciplinaire police“. Elle a demandé que le chef de la police soit entendu lors de la commission intérieur / justice… à laquelle elle n’est finalement pas conviée.

Des internautes s’en sont également surpris et ont dénoncé son “incompétence”. On a pu lire : “Jan Jambon jure la main sur le cœur qu’il ne se souvenait pas de son entretien avec l’ambassadeur slovaque suite à la mort de Jozef Chovanec. C’est possible mais ça aggrave son cas. Quand un ministre de l’intérieur ne se souvient pas de la mise à mort d’un homme dans une cellule de la police, c’est que la mort d’un homme, sous sa responsabilité, n’est pas un fait marquant à ses yeux. Violence policière, business as usual… Et le sommet de la police ?” (N.R.R.) ou encore : “On violente un membre de ta famille, on en rit, on danse, on l’humilie, on le tue, on fait des signes nazis et puis on étouffe l’affaire pendant 2 ans et demi. Tu décides d’en parler à la presse et puis les mêmes déclarent vouloir te rencontrer pour se dédouaner…” (A.).

Cette affaire n’a pas fini de faire parler d’elle au vu des questions profondes qu’elle soulève notamment du comportement des forces de police et de leur traitement politique.