Y a-t-il des discriminations de classe et racistes dans la justice et les décisions politiques ? (VIDEO)

De plus en plus, sur la toile ou dans la vie réelle, des questionnements se posent sur les condamnations de la justice et sur les arrestations de la police. Certains citoyens font remarquer qu’il peut exister une différence de traitement suivant que l’inculpé fasse partie ou non de l’Etat, et qu’il soit ou non d’origine étrangère (plus particulièrement moyen-orientale, d’Afrique subsaharienne ou maghrébine). Certains internautes ont dénoncé le manque de mesure politique qui suivent les “bavures” policières, tant en Belgique qu’en France.

La liste suivante est non exhaustive. Elle est un exemple du racisme et de la justice de classe, mais aussi du comportement de la police (qui parfois va jusqu’à tuer des citoyens pour des motifs dérisoires, comme par exemple en France avec le cas Cédric Chouviat). Dans d’autres cas, le racisme est suspecté chez les forces de l’ordre comme pour Adama Traoré, et même parfois avéré manifestement comme pour le cas d’une policière ayant fait un salut nazi alors qu’un homme était en train de mourir oppressé par ses collègues juste à côté.

Le cas belge

2020: “Bagarre” à Blankeberge, des jeunes arrêtés et mise en place de politiques liberticides visant à empêcher les gens de circuler librement.

2020 : Le jeune Adil est tué parce qu’une voiture de police roulant en sens inverse le percute.

2019 : La police fonce sur le jeune Mehdi à Bruxelles. Elle annonce qu’il fuyait un contrôle. Le lendemain, un témoin contacte la presse pour démentir la version policière.

2018 : Des policiers tuent Jozef Chovanec, dansent, rient, font le salut nazi comme l’ont montré les images vidéo. “Le gouvernement est au courant, la justice est au courant, … il ne se passe rien en justice jusqu’en août 2020 après que la presse diffuse les images. Aucune mesure politique !” dit le militant A. sur son profil Facebook.

2018 : Un policier tue Mawda, 2 ans en tirant avec son arme à feu. Le procès va seulement commencer dans quelques semaines.

Le cas français

2020 : Mohamed Gabsi décède à la suite d’une interpellation de la Police Municipale de Béziers. Sans Domicile Fixe, il est arrêté dans le cadre de la pandémie de Covid-19 en France et suite à l’arrêté municipal instaurant un couvre-feu. L’interpellation est violente et un policier s’est assis sur l’homme dans le véhicule qui le transportait136,137, l’asphyxie semble la cause du décès. le procureur de l’Hérault ordonne « une enquête en flagrant délit du chef d’homicide involontaire ».

2020 : Cédric Chouviat, 42 ans, décède à la suite d’une interpellation de police à Paris. Les premiers éléments de l’autopsie concluent à une fracture du larynx ayant entraîné une asphyxie puis un arrêt cardiaque. Les vidéos de l’interpellation montrent 3 policiers ayant recours au plaquage ventral ; 2 témoins affirment que M. Chouviat a également subi une clé d’étranglement. Une information judiciaire est ouverte pour « homicide involontaire ».

2019 : Lors de la fête de la musique à Nantes, une soirée est violemment interrompue et dispersée par la police, qui charge et fait usage de gaz lacrymogènes, malgré l’existence de rapports indiquant la dangerosité d’une telle action127. Plusieurs fêtards finissent dans la Loire et Steve Maia Caniço, qui ne savait pas nager, est porté disparu puis retrouvé mort dans la Loire le 29 juillet cinq semaines plus tard.

2018 : Zineb Redouane, alors à la fenêtre de son appartement, est touchée par une grenade lacrymogène lancée par la police pendant l’Acte III du mouvement des Gilets jaunes et décède le lendemain à l’hôpital de ses blessures.

2018 : Voulant se soustraire à un contrôle d’identité, Aboubacar Fofana est abattu au volant de son véhicule par un CRS, à Breil, un quartier de Nantes. Le 16 juin 2019, le CRS qui a tiré n’a toujours pas été entendu par le juge d’instruction. Une reconstitution est prévue dans un lieu tenu secret en septembre prochain.

USA

Par ailleurs, aux USA, des questions aussi se posent lorsqu’on a vu que les policiers ayant causé la mort de George Floyd en mai dernier ont été remis en liberté assez rapidement. Plus récemment, le cas de Jacob Blake qui s’est fait tirer sept fois dans le dos alors qu’il rentrait dans son véhicule est aussi parlant.

On peut manifestement dire que la justice met plus de temps à juger et condamner les membres des forces de l’ordre que les citoyens, quand bien même ces policiers, gendarmes (ou autres) aient manifestement commis un crime ou un délit. Beaucoup des victimes sont par ailleurs (bien que non exclusivement des personnes dites racisées). Les décisions politiques pour lutter contre cela ne suivent pas non plus, dénoncent des personnes indignées sur le web.

Y a-t-il une justice à deux vitesses en France, en Belgique et ailleurs ? Certains en sont convaincus.