Julie et Mélissa : le délégué aux droits de l’enfant leur a rendu hommage

Ce 24 juin, cela faisait 25 ans qu’on découvrait ce qui s’apparentait alors à une horreur, ce qui fut d’ailleurs confirmé très vite. Bernard De Vos a tenu à rappeler, par cette affaire à propos de laquelle il a publié un texte sur sa page Facebook, en sa qualité de Délégué aux droits de l’enfant auprès de la Communauté Française de Belgique, l’importance de ces droits.

Cela fait “un quart de siècle déjà, la Belgique découvrait, hébétée, les prémices d’une des pires affaires de mœurs et de violence à l’égard d’enfants qu’elle ait jamais connu”, écrit-il en préambule de son texte publié sur sa page Facebook, pour la tristre commémoration de l’affaire Julie et Melissa, qui allait devenir l’affaire Dutroux, qui commença en 1995. Le Délégué aux droits de l’enfant ajoute : “Cette sordide affaire a provoqué une réaction citoyenne inédite qui, replaçant l’enfant au centre des préoccupations, a entraîné des améliorations notoires en matière de police ou d’exercice de la justice.”

“L’engouement pour protéger les enfants s’est affaibli”

Pour Bernard De Vos, en prenant le problème de façon plus générale, un constat doit être fait : “Sorti de l’urgence et de l’horreur, l’engouement citoyen pour une protection contre toute forme de violence à l’égard des enfants s’est affaibli. La violence, les abus, les traitrises et les trahisons ont depuis quitté, pour partie, les théâtres médiatiques des grands procès des réseaux et des pervers pédophiles. Pour regagner honteusement l’univers confiné qu’ils n’avaient jamais vraiment délaissé: les chambres d’enfant, les coins sordides des caves ou des garages de leur propre maison…

Encore aujourd’hui, dit-il, “des témoignages récurrents nous rappellent encore que les enfants restent des proies faciles en dehors de leur environnement proche. Qu’ils continuent d’être abusés, frappés, menacés, exploités“. Il ne lésine pas sur la responsabilité collective et étatique sur la situation qui reste à améliorer grandement, selon lui : “Aucune Institution , fût-elle sacrée, ne peut prétendre être à l’abri de tout reproche. Si ces actes inqualifiables sont commis par des êtres de chair, de nombreuses violences sont systémiques et institutionnelles. Elles sont insidieuses et invisibles. Elles doivent être dénoncées et combattues“.

Mettre en place une meilleure prévention pour la sûreté des enfants

Le délégué aux droits de l’enfant rappelle que les violences “éducatives”, physiques ou psychiques, les punitions corporelles “ne sont toujours formellement interdites en Belgique, empêchant de la sorte la mise en place d’une prévention efficace et performante.
Pour ce qui est de l’inceste, il donne un chiffre : pour 5% des enfants, ce crime n’est toujours pas formellement inscrit dans le code pénal et ne bénéficie pas, lui non plus, de l’intérêt qu’il mérite “alors qu’il représente une véritable entreprise de démolition physique et psychique et compromet lourdement le développement global des enfants concernés“.

“Alors, a-t-on vraiment bien “utilisé” l’héritage douloureux du martyre des petites victimes de Marc Dutroux ? N’est-il pas temps d’un nouveau sursaut citoyen pour éradiquer toute forme de violence et d’abus à l’égard de nos enfants ?” demande-t-il publiquement.

Bernard De Vos conclut son texte par : “Julie, Melissa, je me souviens“. Et ce, pour tous les enfants, peut-on comprendre en lisant son texte.