La Santé en Lutte : “Philippe Close et Maxime Prévôt veulent interdire nos rassemblements mais nous irons”

Le secteur de la Santé s’est retrouvé sur les rotules pendant la période du confinement et du coronavirus qui se termine peu à peu. Les médecins, infirmiers et infirmières et tout le personnel de la Santé avaient déjà manifesté leur mécontentement à Sophie Wilmès lorsqu’elle était venu à l’hôpital Saint-Pierre, en lui tournant le dos. Cette fois, ce sont Philippe Close et Maxime Prévôt qui sont dans le viseur… et pour cause : le collectif “La Santé en Lutte” déclare que ceux-ci veulent interdire leurs rassemblements. Toutefois, la Santé en Lutte a décidé de les maintenir ce dimanche 14 juin à 14h à Bruxelles (dos au cabinet De Block et au ministère de la Santé au Boulevard du Jardin Botanique 50), à Charleroi (dos au ministère de la Finance, Rue Jean Monnet 14), à Liège (place Saint-Lambert), mais pas à Namur, faute de moyens pour un bon encadrement du rassemblement en toute sécurité.

“Alors que le Conseil National de Sécurité a fait rouvrir les commerces, les bars, les restaurants, les entreprises et les écoles, alors qu’il envisage l’ouverture des frontières, nous sommes toujours interdits de manifester”, a déclaré le collectif sur sa page Facebook.

“Les magasins sont bondés, la rue Neuve à Bruxelles accueille entre 50 000 et 60 000 personnes par jour dans des espaces couverts, où la distanciation physique n’est pas toujours garantie; les travailleurs sont agglutinés dans les transports en commun le matin et le soir; la population est partout en terrasse; mais nous sommes interdits de manifester. Pour nombre de membres du personnel médical, le message est clair : « travaillez, consommez, mais restez tranquilles ». Ils estiment que c’est ce qu’on leur demande”, est-il mentionné juste après, comme un cri d’alerte pour la santé publique mais également pour manifester une colère.

Photo de La santé en lutte.

Voici leur texte :

“Comme lors du pic de l’épidémie, le gouvernement fait le choix de confiner ou non les secteurs, selon ce qui lui sied le mieux. L’économie et la finance doivent reprendre, pour le reste, nous devrions patienter. Nous l’écrivions lors de notre précédent communiqué : nous revendiquons le pouvoir de décider par nous-mêmes ce que nous voulons, ainsi que comment faire entendre nos revendications et comment faire valoir nos droits.

Contrairement au gouvernement nous sommes attentifs aux conseils sanitaires préconisés par l’OMS : respecter les gestes barrières, la distanciation physique et le port du masque, préférer les rencontres en plein air plutôt que dans des espaces clos, rester confiné si on présente des symptômes du Covid-19, se faire dépister.

Il est très difficile d’accepter aujourd’hui une critique venant d’un gouvernement qui a failli sur toute la ligne à nous donner les moyens d’appliquer ces simples conseils, qui n’a pas protégé nos ainés, qui a exposé les soignants en ne fournissant pas le matériel de protection adéquat, qui a mis en danger les travailleurs de première ligne, qui a été incapable d’effectuer un dépistage massif, qui a sous-équipé les institutions de soins, qui sous-finance le secteur de la santé depuis des années et qui met ainsi en danger sa propre population.

En cette fin de semaine nous avons reçu deux e-mails, l’un du bourgmestre de Namur, Maxime Prévôt, l’autre du bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close. Tous deux se font les complices du gouvernement des pouvoirs spéciaux de Madame Wilmès en voulant interdire notre manifestation.

Alors qu’ils applaudissaient le travail des soignants pendant la pandémie, ils s’essuient aujourd’hui les pieds sur nos droits de manifester et sur nos revendications. Malgré les belles paroles de soutien, le pouvoir ne semble pas disposé à nous laisser l’espace nécessaire à notre expression. Au contraire, la classe politique se serre les coudes pour taire la contestation sociale.

Face aux efforts et aux dangers que nous avons traversés pour compenser leurs manques et sauver des vies, ce déni de démocratie est une injure. Hier nous nous battions sans arme à cause d’un gouvernement plus préoccupé par les intérêts du marché que par nos vies. Aujourd’hui nous devons à nouveau lutter pour exprimer et faire entendre nos besoins et ceux de la population. Qu’à cela ne tienne, notre détermination n’en est que plus forte car nous savons que notre combat est juste et qu’il doit être mené !

En effet, le refinancement de la santé est vital pour l’ensemble de la population, nous le constatons chaque jour. Dans les maisons de repos, à domicile ou à l’hôpital, nous ne sommes plus à même de fournir des soins de qualité, pire, des patients meurent par manque de moyen et d’effectif. Nos conditions de travail pèsent sur notre santé mentale et physique et nos salaires peinent à nous faire vivre correctement.

Nous devons lutter ensemble, travailleurs et (futurs) patients car nos destins sont liés. Nos vies sont en jeu. Ce jeu est celui de la maximisation des profits auquel se plaisent à jouer nos dirigeants. Nous ne pouvons pas l’accepter, nous devons nous y opposer.
Non au retour à l’anormal !

Nous réaffirmons donc notre détermination à nous rassembler ce dimanche à 14h ! Nous maintenons nos actions face à la répression.”

Des rassemblements maintenus partout sauf à Namur

“Pour des raisons d’organisation et de capacité à assurer l’encadrement nécessaire, nous décidons de maintenir tous nos rassemblements à l’exception de celui de Namur. Nous appelons tous celles et ceux qui le peuvent à rejoindre les autres rassemblements prévus à Charleroi, Liège et Bruxelles”, déclare La Santé en Lutte dans son appel.

“Nous assurerons nous même notre sécurité sanitaire”, est-il précisé. Le collectif demande aux participants de venir avec un masque et de respecter les gestes barrières sur place mais aussi et surtout de venir au rendez-vous, déterminés et munis de banderoles à slogans.

Rappel des lieux de rassemblements de ce dimanche 14 juin à 14 heures :
Bruxelles, dos au cabinet De Block et au ministère de la Santé (Boulevard du Jardin Botanique 50, 1000 Bruxelles) ;
Charleroi, dos au ministère de la Finance (Rue Jean Monnet 14, 6000 Charleroi) ;
Liège, Place Saint Lambert ;
Namur, annulé.