Vaccins : la pandémie du covid exacerbe le débat sur internet (VIDEO)

La vaccination est un thème qui polarise fortement la population, il y a les pro et les anti-vaccins. Et la période d’épidémie de Covid redonne un coup d’accélarateur à ce débat. Les arguments donnés ne sont pas toujours validés scientifiquement. Or, seule la science, la recherche, est apte à répondre à leur efficacité. Tout comme l’histoire de la médecine.

Une femme a publié une vidéo sur les réseaux sociaux une proposition de pétition pour ne pas que les gens doivent se faire vacciner contre le coronavirus. Elle représente le courant de ceux qu’on appelle les anti-vaccins. De l’autre, il y a ceux qui pensent que le vaccin est nécessaire.

Urgence pétition sur la vaccination

Oyé oyé les ami(e)s, il ya urgence pour la signature de la pétition contre la vaccination de masse du Covid, partagez, parlez en, ……. On doit récolter un maximum de signature!!!!

Publiée par Noura Naturo sur Mercredi 29 juillet 2020

ODP news, au vu de ce débat qui remonte, va exposer, sans jugement préalable, les arguments des deux parties. Les voici.

Les arguments anti-vaccins

“Les vaccins peuvent provoquer des maladies graves”

Vaccin contre l’hépatite B, le virus A (H1N1) ou le papillomavirus humain (Gardasil)… Depuis les années 1990, de nombreux vaccins ont été accusés de provoquer des maladies neurologiques ou auto-immunes, comme la sclérose en plaques. 

“Les effets secondaires sont nombreux, sous-estimés et mal connus”

Dans une tribune adressée à la ministre de la Santé et publiée sur le site de Libération, des parents d’enfants en bas âge, qui ne se décrivent pas comme anti-vaccins, dénoncent des risques “très mal connus”: “Les autorités en charge de la santé publique restent silencieuses et sans réaction face aux cas d’effets secondaires graves relevés dans le cadre du recensement des accidents vaccinaux, pourtant sous-estimés en raison d’une participation minoritaire des pédiatres et médecins généralistes aux notifications vaccinales”, écrivent-ils. 

“L’aluminium contenu dans les vaccins est nocif”

Métaux lourds, arsenic… La composition des vaccins est un autre problème pointé du doigt par les anti-vaccins. Dans son ouvrage Toxic story (Actes Sud), Romain Gherardi, spécialiste des maladies neuromusculaires à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil), expliquait que les sels d’aluminium, un adjuvant utilisé dans les vaccins, pouvait être lié à des maladies comme la myofasciite à macrophages (une maladie neurologique) ou au syndrome de la fatigue chronique. Pour lui, certains patients ont une difficulté spécifique à digérer les adjuvants aluminiques qui persistent et se promènent dans leur organisme.

“Les vaccins enrichissent les labos”

Pour de nombreux réfractaires, l’intérêt commun et la santé des populations viennent bien après les profits des laboratoires. Le Pr Henri Joyeux, un médecin radié de l’Ordre en raison de sa défiance envers les vaccins, accuse par exemple dans une lettre le gouvernement de vouloir “contourner la décision impérative du Conseil d’Etat, qui lui impose de mettre en place dans les pharmacies de métropole et d’outre-mer le fameux vaccin trivalent (DTP) avant le 9 août 2017”, signe qu’il est à la solde des industriels. Même argument pour la députée européenne écologique Michèle Rivasi, qui estime qu’il n’est pas disponible en France “en raison d’une pénurie organisée”.

Les arguments pro-vaccins

Les arguments pro-vaccin sont souvent des réponses à des arguments anti-vaccins. Ceux ayant la science comme argument de défense, répondent donc. Voici les arguments que ce camp-là présente pour chacun de ses quatre points.

Réponse à l’argument “Les effets secondaires sont nombreux, sous-estimés et mal connus”

“Les analyses épidémiologiques comparant des groupes de personnes vaccinnées avec celles qui ne le sont pas ne montrent pas d’augmentation des cas de maladies auto-immunes parmi les vaccinés”, souligne Annick Guimezanes. 

Il y a bien une recherche, publiée dans la prestigieuse revue The Lancet en 1998, qui avait mis en évidence l’implication du vaccin contre la rougeole dans l’autisme. Mais depuis, la falsification des résultats a été démontrée et l’article démenti. Le chercheur, Andrew Wakefield, avait été embauché par un avocat en vue de préparer un procès contre les fabricants du vaccin. Aujourd’hui, le mal est fait et l’idée reste ancrée dans les mémoires. 

Réponse à l’argument “Les effets secondaires sont nombreux, sous-estimés et mal connus”

“Il existe des millions de gens qui ont été vaccinés, le plus souvent sans avoir de problème, rappelle la spécialiste. Les réactions se cantonnent la plupart du temps à une douleur au niveau du point d’injection ou de la fièvre, car le système immunitaire se met en route. Les complications sont extrêmement rares”. Une balance bénéfices-risques finalement positive selon l’OMS : “Vous courez un risque beaucoup plus grand si vous contractez la maladie évitable par la vaccination que si vous vous faites vacciner contre celle-ci. Par exemple, dans le cas de la polio, la maladie peut entraîner la paralysie. La rougeole peut provoquer une encéphalite ou la cécité, et certaines maladies évitables par la vaccination peuvent même être mortelles.

De plus, les déclarations des praticiens ne sont pas obligatoires mais désormais, l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM) prévoit de demander l’avis des patients. Ils peuvent ainsi directement signaler les effets indésirables des médicaments et produits de santé, dont les vaccins. Un moyen d’avoir un suivi sur la durée. 

3 Réponse à l’argument “L’aluminium contenu dans les vaccins est nocif”

Cette affirmation a été démentie par le Haut Conseil de la santé publique, qui a estimé en 2013 que “les données scientifiques disponibles à ce jour ne permettent pas de remettre en cause la sécurité des vaccins contenant de l’aluminium”. En revanche, il est admis que l’aluminium est l’adjuvant le plus efficace pour stimuler la production des anticorps, et donc une réponse immunitaire. Des alternatives comme le phosphate de calcium ont été envisagées mais elles sont jugées moins efficaces. De ce côté là, la recherche, qui est très active, doit encore progresser.

4 Réponse à l’argument “Les vaccins enrichissent les labos”

“S’il est normal que les laboratoires soient payés, il appartient également aux gouvernements de négocier les prix”, rappelle Annick Guimezanes. Le ministère de la Santé estime d’ailleurs que l’élargissement de la couverture vaccinale coûtera entre 10 et 20 millions d’euros à l’Assurance maladie, qui prendra en charge les vaccins à 65% (les reste sera pour les mutuelles). De plus, “pour beaucoup de laboratoires, les médicaments pour les maladies chroniques (insuline, statines…) sont plus rémunérateurs”, note Mme Guimezanes.