Affaire Mawda : le père, le policier et le chauffeur réunis

Photo : © EODP

D’après une information de la RTBF, un important service d’ordre était mis en place ce jeudi après-midi aux alentours du site de l’ancienne Protection civile, chemin Bouteillier à Ghlin (Belgique) où se déroulait une étape décisive dans le dossier Mawda. C’est dans cette municipalité que la reconstitution des événements qui ont menés à la mort de la petite fille, le 17 mai de l’année dernière, à la suite d’une course-poursuite et d’un tir mortel de la police. 

L’objectif a été de comprendre ce qui a mené au drame, la montée de l’escalade jusqu’au coup fatal qui a coûté la vie à Mawda, devenue symbole de la condition des sans-papiers en Belgique et qui avait suscité un grand émoi dans la population belge. Cette reconstitution, qui s’est tenue à l’abri des regards, dans les hangars, s’est terminée vers 17H30.

Le père de Mawda était présent… avec le chauffeur et le policier tireur

Tous les protagonistes étaient présents, réunis pour la première fois depuis les faits au même endroit. Le symbole était fort et montrait de la part de la famille une volonté manifeste de dialogue, d’apaisement. Le père de Mawda est arrivé vers 13h15, accompagné de son avocate Maître Selma Benkhelifa. La mère de la fillette ne l’accompagnait pas.

Le policier responsable du tir était également présent. Tout comme le chauffeur présumé de la camionnette. Ce dernier, un Irakien, arrêté en Grande-Bretagne et extradé en avril dernier, a été amené sous escorte depuis la prison de Lantin où il est actuellement détenu, à la différence du policier tueur qui est en liberté. L’homme, tout comme les deux policiers qui l’accompagnent, porte des gants et un masque, en raison des cas de rougeoles recensés dans la prison liégeoise, compte tenu des conditions sanitaires déplorables de ce lieu. 

Bannières affichées lors d’une action précédente dénonçant l’attitude de la police dans le cadre de la chasse aux réfugiés et aux migrants – photo libre de droit

À ce stade, pourtant, l’homme nie toujours avoir été le chauffeur de la camionnette, même s’il reconnait en avoir été le passager. Son ADN a cependant été retrouvé sur le volant du véhicule et sur le boitier de vitesse, précise la RTBF.

Reconstitution des faits nécessaire pour la suite de l’affaire

Ce retour à Ghlin est une étape décisive dans l’enquête. Puisque du résultat de la reconstitution pourrait dépendre l’inculpation du policier tireur. Il n’est à ce stade toujours pas inculpé. Les expertises balistiques réalisées jusqu’à présent n’ont pas permis de déterminer si son tir était volontaire ou non.

La reconstitution d’aujourd’hui a voulu éclaircir les circonstances du coup de feu. Elle a été faite à la demande de la juge d’instruction en charge du dossier.

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